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CENTRE DE RECHERCHE A CAVAILLON

Maître d’ouvrage : CREE, compagnie de Saint-Gobain, division céramique et plastiques ; aménagements extérieurs : ville de Cavaillon.

Equipe : Christian Devillers, architecte

Ingerop, BET

ADC structures et pierre antisismique

Alain Maguerit, paysagiste

Narboni, concepteur lumière

Shon : 7 877 m²

Montant de travaux : 10,6 M€

Entreprises : Mereu, gros oeuvre ; ERTCM ; charpente.

Dates: 1997- 2002

« Le Centre de recherche et d’études européen construit par Christian Devillers pour Saint-Gobain est un lieu de travail à la fois rationnel et convivial. La qualité de sa lumière et de ses ambiances s’accorde à la beauté du paysage.

La branche céramique industrielle de Saint-Gobain vient de regrouper ses unités européennes de recherche au sein du CREE (Centre de recherche et d’études européen), en bordure de Cavaillon. Construit au pied de l’exceptionnelle colline Saint-Jacques peuplée d’oiseaux, de cailloux et de pins parasols, ce bâtiment témoigne de l’alliance solide qui s’est nouée entre le maître d’ouvrage et son architecte, et a permis de pousser les études jusqu’à ce qu’un tout cohérent réponde à la singularité du projet et aux contradictions qu’il soulève. Le site lui-même était une perche tendue à l’architecte, encore fallait-il s’en saisir.

Pour cadrer à sa mesure le déroulé frontal de la falaise, le bâtiment s’étire sur toute la longueur du terrain, une fine galerie extérieure reliant le bâtiment principal au restaurant placé comme une dépendance à l’entrée. Tournant vers l’accès une figure en peigne dont les pignons de pierre dialoguent avec la falaise, le bâtiment principal se révèle un feuilleté de différentes strates : aux ailes de bureaux en acier verre et aluminium, calés derrière les stèles de pierre, succèdent les ateliers et laboratoires qui déploient leurs séquences amples et lumineuses sous de grands sheds ; la ligne franche et sobre des bâtiments de stockage clôt le tout.

Entre chaque strate bâtie, des espaces extérieurs finement calibrés – une ruelle et une ligne de patios enserrant les cyprès qui servaient de brise-vent -, assurent une interface digne entre ces différents types d’activité. Ils répondent à la volonté de faire cohabiter efficacement les techniciens spécialisés effectuant les essais et le personnel des bureaux qui pilote les programmes de recherche.

La qualité des matériaux scelle l’harmonie avec le site : tôle métallique revêtue de cuivre (Coverib) pour les ateliers, dalles de terre cuite sur plots en toiture des bureaux, pierre de Beaulieu massive. Pour « rentrer dans les prix » (1148 euros/m2), cette pierre a été prélevée sur le lit supérieur – dit « pierre de découverte » – de la carrière, plus tendre que les lits recherchés aujourd’hui pour la pierre de parement. Elle est mise en oeuvre en blocs massifs (60 X 75 X 200 cm), non polis et sciés une seule fois après extraction, puis montés à la pince. Malgré l’épaisseur des blocs, les règles parasismiques ont imposé leur chaînage vertical (des tiges métalliques perforant la pierre) et horizontal (en béton).

Ainsi mis en scène par des matières nobles, les volumes dessinent des figures d’autant plus nettes qu’aucun appareillage technique ne s’y superpose. Les fluides des ateliers circulent dans les poutres monumentales en treillis métallique (210 X 210 cm) qui portent les sheds. Ils sont connectés à une grande galerie technique placée à l’air libre et dissimulée dans un pli du toit pour ne pas abîmer la vue depuis la colline.

Autant d’astuces de conception et de prescription, autant de patients réglages, qui disparaissent dans l’évidence du résultat. » (Le Moniteur n° 5166 du 29/11/2002)

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